poème

14/01/2009 21:26 par marici

LE LOUP ET L ' AGNEAU

 

La raison du plus fort est toujours la meilleure :

 

Nous l'allons montrer tout à l'heure.

 

Un Agneau se désaltérait

 

Dans le courant d'une onde pure.

 

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

 

Et que la faim en ces lieux attirait.

 

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

 

Dit cet animal plein de rage :

 

Tu seras châtié de ta témérité.

 

Sire,

 

répond l'Agneau, que votre Majesté

 

Ne se mette pas en colère ;

 

Mais plutôt qu'elle considère

 

Que je me vas désaltérant

 

Dans le courant,

 

Plus de vingt pas audessous

 

d'Elle,

 

Et que par conséquent, en aucune façon,

 

Je ne puis troubler sa boisson.

 

Tu

 

la troubles, reprit cette bête cruelle,

 

Et je sais que de moi tu médis l'an passé.

 

Comment

 

l'auraisje

 

fait si je n'étais pas né ?

 

Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.

 

Si

 

ce n'est toi, c'est donc ton frère.

 

Je

 

n'en ai point. C'est

 

donc quelqu'un des tiens :

 

Car vous ne m'épargnez guère,

 

Vous, vos bergers, et vos chiens.

 

On me l'a dit : il faut que je me venge.

 

Làdessus,

 

au fond des forêts

 

Le Loup l'emporte, et puis le mange,

 

Sans autre forme de procès.

 

Jean de la fontaine

 

moi

14/01/2009 21:24 par marici

  • moi

    moi

    14/01/2009 21:24 par marici

Les morts ne sont...

14/01/2009 21:13 par marici

LES MORTS

 

NE SONT PAS MORTS

 

Ecoute plus souvent

 

Les choses que les êtres,

 

La voix du feu s'entend

 

Entends la voix de l'eau

 

Ecoute dans le vent

 

Le buisson en sanglot :

 

C'est le souffle des ancêtres.

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis

 

Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire

 

Et dans l'ombre qui s'épaissit,

 

Réalisé et présenté par : BOUBACAR DEMBELE 6

 

Les morts ne sont pas sous la terre

 

Ils sont dans l'arbre qui frémit,

 

Ils sont dans le bois qui gémit,

 

Ils sont dans l'eau qui coule,

 

Ils sont dans l'eau qui dort,

 

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule

 

Les morts ne sont pas morts.

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis, Ils sont dans le sein de la femme,

 

Ils sont dans l'enfant qui vagit,

 

Et dans le tison qui s'enflamme,

 

Les morts ne sont jamais sous terre,

 

Ils sont dans le feu qui s'éteint,

 

Ils sont dans le rocher qui geint,

 

Ils sont dans les herbes qui pleurent,

 

Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,

 

Les morts ne sont pas morts.

 

Ecoute plus souvent

 

Les choses que les êtres,

 

La voix du feu s'entend

 

Entends la voix de l'eau

 

Ecoute dans le vent

 

Le buisson en sanglot :

 

C'est le souffle des ancêtres.

 

Le souffle des ancêtres morts

 

Qui ne sont pas partis,

 

Qui ne sont pas sous terre,

 

Qui ne sont pas morts

 

Ecoute plus souvent

 

Les choses que les êtres,

 

La voix du feu s'entend

 

Réalisé et présenté par : BOUBACAR DEMBELE 7

 

Entends la voix de l'eau

 

Ecoute dans le vent

 

Le buisson en sanglot :

 

C'est le souffle des ancêtres.

 

Il redit chaque jour le pacte

 

Le grand pacte qui lie,

 

Qui lie à la loi notre sort;

 

Aux actes des souffles plus forts,

 

Le sort de nos morts qui ne sont pas morts;

 

Le lord pacte qui nous lie aux actes

 

Des souffles qui se meuvent.

 

Dans le lit et sur les rives du fleuve,

 

Dans plusieurs souffles qui se meuvent

 

Dans le rocher qui geint et dans l'herbe qui

 

pleure

 

Des souffles qui demeurent

 

Dans l'ombre qui s'éclaire on s'épaissit,

 

Dans l'arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,

 

Et dans l'eau qui coule et dans l'eau qui dort,

 

Des souffles plus forts, qui ont pris

 

Le souffle des morts qui ne sont pas morts,

 

Des morts qui ne sont pas partis,

 

Des morts qui ne sont plus sous terre.

 

Ecoute plus souvent

 

Les choses que les êtres...

 

B irago Diop, Les contes d'Amadou Koumba,

 

Editions Présence Africaine, Dakar, 1961, pp. 173175.

 

ISBN 2705701673

 

moi et Vieux mon cous

14/01/2009 21:03 par marici

  • moi et Vieux mon cous

    moi et Vieux mon cous

    14/01/2009 21:03 par marici

La cigale et la fourmi

14/01/2009 20:56 par marici

LA CIGALE ET LA FOURMI

 

La Cigale, ayant chanté

 

Tout l'été,

 

Se trouva fort dépourvue

 

Quand la bise fut venue :

 

Pas un seul petit morceau

 

De mouche ou de vermisseau.

 

Elle alla crier famine

 

Réalisé et présenté par : BOUBACAR DEMBELE 4

 

Chez la Fourmi sa voisine,

 

La priant de lui prêter

 

Quelque grain pour subsister

 

Jusqu'à la saison nouvelle.

 

"Je vous paiera i, lui ditelle,

 

Avant l'Oût, foi d'animal,

 

Intérêt et principal. "

 

La Fourmi n'est pas prêteuse :

 

C'est là son moindre défaut.

 

Que faisiezvous

 

au temps chaud ?

 

Ditelle

 

à cette emprunteuse.

 

Nuit

 

et jour à tout venant

 

Je chantais, ne vous déplaise.

 

Vous

 

chantiez ? j'en suis fort aise.

 

Eh bien! dansez maintenant.

 

Jean de fontaine

 

Nuit de Sine

14/01/2009 20:50 par marici

NUIT DE SINE

 

Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que fourrure.

 

Là haut

 

les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne

 

À peine. Pas même la chanson de nourrice.

 

Qu'il nous berce, le silence rythmé.

 

Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons

 

Battre le pouls profond de l'Afrique dans la brume des villages perdus.

 

Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale

 

Voici que s'assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux mêmes

 

Dodelinent de la tête comme l'enfant sur le dos de sa mère

 

Voici que les pieds des danseurs s'alourdissent, que s'alourdit la langue des chœurs

 

alternés.

 

C'est l'heure des étoiles et de la Nuit qui songe

 

S'accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.

 

Les toits des cases luisent tendrement. Que disent ils,

 

si confidentiels, aux étoiles ?

 

Dedans, le foyer s'éteint dans l'intimité d'odeurs âcres et douces.

 

Femme, allume la lampe au beurre clair, que causent autour les Ancêtres comme les

 

parents, les enfants au lit.

 

Écoutons la voix des Anciens d'Elissa. Comme nous exilés

 

Ils n'ont pas voulu mourir, que se perdît par les sables leur torrent séminal.

 

Que j'écoute, dans la case enfumée que visite un reflet d'âmes propices

 

Ma tête sur ton sein chaud comme un Dang au sortir du feu et fumant

 

Que je respire l'odeur de nos Morts, que je recueille et redise leur voix vivante, que

 

j'apprenne à

 

Vivre avant de descendre, au delà

 

du plongeur, dans les hautes profondeurs du

 

sommeil.

 

Léopold Sédar SENGHOR

 

(19062001)

 

Nuit de Sine

 

Chants d’ombre (1945)

 

© Éditions du Seuil

 

je ne suis photogenique

14/01/2009 20:43 par marici

  • je ne suis photogenique

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    14/01/2009 20:43 par marici

A la FAST de Bko

14/01/2009 20:26 par marici

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    14/01/2009 20:26 par marici

j'aime beaucoup le bazin

14/01/2009 20:15 par marici

  • j'aime beaucoup le bazin

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    14/01/2009 20:15 par marici

avec mon élégance

14/01/2009 20:04 par marici

  • avec mon élégance

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    14/01/2009 20:04 par marici